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Prévenir les troubles musculosquelettiques au travail : postes à hauteur réglable selon la SUVA et le SECO

Ergonomie Santé au travail
Une collaboratrice travaille en posture droite à une table de travail réglable en hauteur dans un atelier lumineux
Un poste de travail à hauteur réglable amène le travail à la bonne hauteur et réduit les postures penchées et contraignantes.

Soulever, porter, travailler penché : dans la production, la logistique et le montage, le travail physique fait partie du quotidien. Exécuté des années durant dans une posture défavorable ou avec des charges trop lourdes, il se cumule en troubles musculosquelettiques (TMS) qui touchent collaborateurs et entreprises. La bonne nouvelle : la prévention des TMS se planifie. Cet article présente les valeurs indicatives de la SUVA pour le levage et le port de charges, les exigences du commentaire du SECO de l'OLT 3, la priorité des mesures techniques et l'apport concret de la manutention à hauteur réglable. En conclusion : l'évaluation des risques comme point d'entrée pratique.

Que sont les troubles musculosquelettiques et pourquoi coûtent-ils cher ?

Les troubles musculosquelettiques concernent l'appareil locomoteur : muscles, tendons, ligaments, articulations et colonne vertébrale. Ils résultent rarement d'un événement unique ; typique est l'accumulation insidieuse sur des mois et des années : levage et port fréquents de charges lourdes, travail penché ou en torsion, tâches au-dessus des épaules, station debout prolongée ou gestes répétés. Le dos est particulièrement exposé, mais les épaules, la nuque, les coudes et les genoux peuvent aussi être touchés. Les troubles musculosquelettiques liés à la manutention dépendent du poids, de la posture, de la fréquence et de la durée, et se développent souvent sans bruit.

Pour les entreprises, ces atteintes coûtent cher pour deux raisons. Premièrement, elles causent des absences et des restrictions difficiles à absorber, surtout en petite équipe. Deuxièmement, la prévention fait partie des obligations de l'employeur : pour protéger la santé de ses collaborateurs, il doit prendre toutes les mesures dont l'expérience a démontré la nécessité, que l'état de la technique permet d'appliquer et qui sont adaptées aux conditions de l'entreprise. Offrir des postes ergonomiques, c'est donc remplir une obligation et préserver sa capacité de production.

Le cadre suisse : valeurs indicatives de la SUVA et commentaire du SECO

Quel poids est-il raisonnable de soulever ? La publication de la SUVA 88190 sur l'évaluation des contraintes physiques lors du levage et du port de charges donne un repère : comme valeurs indicatives pour le levage occasionnel, elle retient 25 kg pour les hommes et 15 kg pour les femmes. Le second seuil est déterminant : dès que l'on soulève plus de quatre fois par heure, une évaluation de la contrainte est nécessaire à partir de 12 kg pour les hommes et de 7 kg pour les femmes. Ces valeurs ne sont pas des franchises, mais des déclencheurs d'un examen plus attentif. Le feuillet de la SUVA sur la bonne technique de levage (44018) complète ces repères.

Deuxième pilier : l'ordonnance 3 relative à la loi sur le travail (OLT 3), qui régit la protection de la santé. Le commentaire du SECO précise, à propos de l'art. 25, que l'employeur doit mettre à disposition des équipements de travail appropriés pour le déplacement de charges. Les manutentions contraignantes ne doivent donc pas être laissées à la force de chacun, mais désamorcées par un équipement approprié. Évaluer selon la SUVA, équiper selon le SECO : voilà le cadre suisse en une phrase.

La hiérarchie des mesures : les mesures techniques avant les mesures organisationnelles

Reste la question de l'ordre des mesures. Pour la manutention de charges lourdes, la SUVA décrit une hiérarchie claire : on examine d'abord si la contrainte peut être évitée ou réduite à la source, par exemple par des contenants plus petits ou des processus modifiés. Viennent ensuite les mesures techniques, c'est-à-dire la mise à disposition de moyens appropriés par l'employeur. Suivent seulement les mesures organisationnelles, comme la rotation ou des pauses supplémentaires, puis les mesures comportementales, comme la formation à la technique de levage.

La raison est évidente : les mesures techniques agissent durablement, indépendamment du respect de chaque règle au quotidien. Un poste qui s'adapte à la personne et à la tâche protège à chaque équipe, même sous pression. Les mesures organisationnelles et comportementales restent importantes, mais elles complètent la solution technique sans la remplacer. Les postes de travail à hauteur réglable sont une mesure technique exemplaire : ils suppriment la cause de la mauvaise posture au lieu d'en atténuer les effets.

Hauteur de travail et posture : l'ergonomie en pratique

La bonne hauteur de travail n'est pas un chiffre fixe : elle dépend de l'activité. Les travaux fins exigeant une bonne acuité visuelle se font plus haut, la pièce proche des yeux ; le montage léger se situe environ à hauteur des coudes ; les travaux de force se font plus bas, le poids du corps aidant. La norme DIN EN ISO 14738 formule des exigences pour les hauteurs de travail aux postes des machines. Une table fixe ne couvre jamais cette plage : ce qui convient à une grande personne contraint une plus petite à relever les épaules, et inversement.

Les postures contraignantes sont le deuxième grand levier. Travailler penché, en torsion ou en hyperextension sollicite la colonne vertébrale même sans charge lourde, et le maintien statique fatigue la musculature plus vite que le mouvement dynamique. L'objectif de l'ergonomie est donc que le travail vienne à la posture droite et détendue, et non l'inverse. Adapter la hauteur aux étapes de travail répartit en outre la contrainte sur plusieurs groupes musculaires au lieu de figer une seule posture pendant des heures.

Postes de travail à hauteur réglable et appareils de positionnement en entreprise

En pratique : le poste de travail s'ajuste à la personne et à la pièce. Une table de travail réglable en hauteur amène chaque composant à la bonne hauteur, pour assembler, contrôler, emballer ou souder. Au changement d'équipe, la hauteur se règle en quelques secondes, et le même poste reste ergonomique pour des tailles différentes. Les tables de travail ergonomiques PETec sont réglables en hauteur en continu et conçues pour des charges de 100 à 2 000 kg, certaines gammes portent davantage. Même des ensembles lourds se positionnent ainsi à hauteur de travail, sans posture penchée.

Le deuxième volet concerne le chemin de la charge vers le poste. Là où bacs, caisses ou pièces sont régulièrement soulevés à la main, des mini-lifts mobiles prennent en charge levage et positionnement, si bien que les valeurs indicatives ne sont même pas approchées. L'ensemble forme un principe cohérent de manutention à hauteur réglable : la charge arrive à la bonne hauteur avant d'être manipulée et y reste pendant le travail. C'est cette combinaison qui réduit les troubles musculosquelettiques là où ils naissent.

Mettre en œuvre la prévention : l'évaluation des risques comme point de départ

L'entrée dans la prévention est simple : une évaluation des risques liés aux contraintes physiques. Recensez d'abord les activités impliquant de soulever, porter, pousser ou travailler dans une posture défavorable. Notez poids, fréquences et postures, puis comparez avec les valeurs indicatives de la SUVA : là où des charges de 12 kg ou plus pour les hommes, ou de 7 kg ou plus pour les femmes, sont soulevées plus de quatre fois par heure, une évaluation approfondie est nécessaire. Associez les collaborateurs : ils savent le mieux quels gestes pèsent réellement.

De l'évaluation découlent les mesures dans l'ordre décrit : éviter, soulager techniquement, organiser, former, puis vérifier l'effet. Souvent, quelques postes équipés de manière ciblée éliminent une grande partie de la contrainte. Pour la solution technique adaptée, Tirugo vous conseille dans toute la Suisse sur les postes de travail à hauteur réglable et les appareils de positionnement, de l'analyse de l'activité à l'exécution appropriée.

Questions fréquentes sur la prévention des TMS au poste de travail

À partir de quel poids la contrainte physique doit-elle être évaluée selon la SUVA ?
Selon la publication de la SUVA 88190 sur le levage et le port de charges, une évaluation est nécessaire lorsque des hommes soulèvent des charges de 12 kg ou plus, ou des femmes des charges de 7 kg ou plus, plus de quatre fois par heure. L'évaluation sert de base à des mesures ciblées.

Quelles valeurs indicatives s'appliquent au levage et au port occasionnels en Suisse ?
Comme valeurs indicatives pour le levage occasionnel, la publication de la SUVA 88190 mentionne 25 kg pour les hommes et 15 kg pour les femmes. Il s'agit de valeurs indicatives et non de franchises : dès que l'on soulève plus de quatre fois par heure, une évaluation de la contrainte est déjà nécessaire à partir de 12 kg, respectivement 7 kg.

L'employeur est-il tenu de mettre à disposition des moyens techniques ?
Oui. Le commentaire du SECO de l'OLT 3 précise, à propos de l'art. 25, que l'employeur doit mettre à disposition des équipements de travail appropriés pour le déplacement de charges. La SUVA demande elle aussi des moyens appropriés pour la manutention de charges lourdes, les mesures techniques ayant la priorité sur les organisationnelles. Postes à hauteur réglable et appareils de positionnement font partie de ces mesures techniques.

Comment un poste de travail à hauteur réglable aide-t-il contre les troubles musculosquelettiques ?
Il amène le travail à la bonne hauteur au lieu d'obliger la personne à s'adapter au travail. Le travail penché, les tâches au-dessus des épaules et les postures statiques contraignantes sont réduits, et plusieurs personnes peuvent utiliser le même poste de manière ergonomique. Les tables de travail ergonomiques PETec sont réglables en hauteur en continu et conçues pour des charges de 100 à 2 000 kg.

Qu'exige le commentaire du SECO de l'OLT 3 en matière d'ergonomie ?
Le commentaire du SECO concrétise l'OLT 3, qui régit la protection de la santé au poste de travail. À propos de l'art. 25, il précise que des équipements de travail appropriés doivent être mis à disposition pour le déplacement de charges. Postes et processus doivent donc éviter les manutentions contraignantes ou les faciliter par un équipement approprié.

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